Raymond Roussel en médaille

Written by Gregory Haleux

 

Me voilà bien rousselâtre : il me fallait cette médaille en hommage à Raymond Roussel.
Elle est signé Jacques Devigne (Grand Prix de Rome 1954 de gravure en médaille). Datée de 1979, elle est en bronze, a un diamètre de 90 mm, une épaisseur de 5 mm et pèse 285 g.
Côté face, elle représente l’auteur à 19 ans, tel qu’on le connaît par cette photographie qu’il voulait « en tête de tous [s]es livres sur les tirages posthumes ». Ici, le fauteuil se transforme en son prénom.
Côté pile, nous avons l’illustration de l’une de ses œuvres, Locus Solus, et plus particulièrement le chapitre III, où Martial Canterel présente son Diamant rempli d’aqua-micans.

 

 

Absolument tout est là :
Au centre, Faustine se déhanchant, sa chevelure « entièrement éployée ». A sa droite, le chat à peau nue Không-dêk-lèn, le museau ceint d’un cornet de métal, allant frôler le cerveau de Danton. A sa gauche, les hippocampes, suivis de leur sphère solaire, ayant dépassé le « fût de colonne ».
On reconnaît les « sept délicates pièces nautiques » des ludions :

– à la gauche de Faustine : l’athlète Vyrlas empêchant l’oiseau Asnorius d’étrangler Alexandre le Grand, endormi ;
– Atlas, prêt à laisser tomber la sphère céleste pour lui donner un coup de pied rageur ;
– le poète Gilbert exalté, agitant le sistre impair ;
– le nain Pizzighini alité, dont la suée de sang est guettée par trois cultivateurs.
– à la droite de Faustine : Richard Wagner enfant dans les bras de sa mère ;
– Pilate portant les mains à son front brûlant ;
– Voltaire regardant une jeune fille extasiée par la prière.

Jacques Devigne n’a pas oublié de représenter la « fine échelle double […] en métal luxueusement nickelé » ni, près de l’ouverture du diamant, la bouteille de vin blanc, le grand bocal et la « pêchette » pour les hippocampes

Enfin, en grandes lettres, « Dubito » échappé des lèvres de Voltaire.

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