Le Poète ne manque pas d’air

Written by Gregory Haleux

Le Poète se demande si l’on a déjà lu Alfred Jarry à cette haune de l’achopprement :

 

Un petit garçon intercalait des r dans ses mots. Il disait du brois pour du bois, mes droigts pour mes doigts, quroi pour quoi, etc.
L’achoppement peut entreprendre également le langage écrit.
Un monsieur connaissant parfaitement son orthographe débute une lettre par J’hai…, sa plume avait anticipé le h du mot honneur qui devait suivre. Je découvre dans une demi-page de texte écrite par un jeune homme de quatorze ans, instruit, atteint à la fois de bégaiement et d’achoppement syllabique, les mots et expressions suivantes : depuis jours j’ai obsevé… (depuis deux jours j’ai observé…) — bagayer (bégayer) — les monts (les mots) — la mason (maison), etc.
On conçoit facilement que les fautes d’orthographe dites d’inattention grouillent dans les travaux des sujets atteints de ce trouble.
L’achoppement syllabique dénote une faiblesse intellectuelle.
Il est fréquent chez les anormaux (Gutzmann et Janicke). J’ai personnellement observé de l’achoppement syllabique momentané dans la parole et l’écriture, chez des personnes intelligentes surmenées du cerveau. Ce trouble peut donc constituer un signe de fatigue intellectuelle.

 

[in Georges Rouma, La Parole et les troubles de la parole.
H.Paulin et Cie, 1907. p.118]

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